Source
:
http://www.ericbrassard.com/Contenu/Planification_chroniques3.htm
D'abord, une précision : lorsqu'on parle
d'hypothèque inversée, il n'est
pas du tout question d'habitation, mais plutôt
de gestion de dettes et de stratégie de
placement. Même si les "vendeurs"
d'hypothèques inversées affirment
que celles-ci permettent de demeurer dans sa maison,
il ne s'agit que d'un argument de vente visant
à éloigner le client des vrais critères
de décision. L'hypothèque inversée
est une dette et elle représente le début
de l'effritement du capital d'un individu. Si
c'est ce qu'il souhaite et que cette décision
fait partie d'une stratégie d'ensemble,
c'est tout à fait envisageable. Sinon,
il faut y réfléchir avant d'agir.
Il est assez étonnant que ce produit devienne
à la mode. Après s'être sacrifiés
pendant des années en effectuant des versements
réguliers (et parfois des versements anticipés)
en rêvant du jour béni où
leur maison sera payée, voilà que
des propriétaires recommencent le processus
inverse et augmentent le solde de leur prêt
hypothécaire. Dans ce cas, pourquoi se
sacrifier et attendre que la maison soit payée
pour profiter de cet argent? Les propriétaires
peuvent faire ce choix à n'importe quel
moment de leur vie : ils n'ont qu'à augmenter
la période d'amortissement de leur prêt,
de façon à avoir un versement hypothécaire
plus bas et ainsi plus d'argent pour d'autres
éléments de leur qualité
de vie, ou ils n'ont qu'à négocier
régulièrement le montant de leur
prêt à la hausse, de façon
à pouvoir profiter de l'argent de cette
dette pour n'importe quelle autre dépense.
Une hypothèque inversée est simplement
un prêt dont le coût est égal
au taux d'intérêt. Si cette somme
sert à améliorer sa qualité
de vie, les intérêts ne sont pas
déductibles d'impôt; leur coût
réel est donc aussi élevé
que lorsqu'un prêt hypothécaire "normal"
était en cours. La personne qui signe un
tel prêt encaissera des sommes d'argent
qui viendront augmenter le solde de la dette.
Mais, sans qu'on s'en rende vraiment compte, des
intérêts s'ajoutent à ces
sommes. Le solde de la dette augmente donc sans
cesse puisque le rentier n'effectue aucun versement.
Plusieurs ne sont pas conscients que l'hypothèque
inversée est simplement un prêt à
la consommation. Bien sûr, le montant reçu
n'est pas imposable. Le gouvernement impose les
revenus, pas les dettes! Pourquoi taxerait-il
une dette? Une hypothèque inversée
est simplement une façon d'effriter son
capital. Contracter une hypothèque inversée
de 25000$ sur une maison valant 100000$ équivaut
à la décision d'un locataire qui,
après avoir épargné 100000$,
décide de retirer une partie de ses placements
pour dépenser 25000$. Dans les deux cas,
le capital est réduit et, dans les deux
cas, il y a un coût (l'intérêt
pour l'hypothèque inversée et une
perte de revenu futur pour la liquidation d'une
partie d'un placement).
Votre maison est payée et vous avez besoin
d'argent? L'hypothèque inversée
est une option de prêt parmi bien d'autres.
Bien sûr, aucun versement mensuel n'est
requis par la suite, mais ça ne veut pas
dire que l'intérêt ne s'accumule
pas. Vous pouvez aussi envisager une marge de
crédit hypothécaire ou toute autre
forme d'emprunt, ou bien la possibilité
de vendre la maison. La réduction des coûts
(taxes, entretien, etc.) et les revenus de placement
générés par la somme obtenue
lors de la vente permettront peut-être,
après avoir payé un loyer pour un
logement qui vous conviendra, de générer
un surplus budgétaire vous permettant de
maintenir votre rythme de vie.
Vous êtes en train de payer votre maison?
L'hypothèque inversée n'est pas
un avantage qui sera à votre disposition
plus tard, mais plutôt une option parmi
d'autres, option qu'utilisent souvent ceux qui
ont mal planifié leur retraite ou qui ont
des difficultés financières et qui
doivent commencer à effriter leur capital.
Commencer à effriter le capital n'est pas
nécessairement une erreur. À un
certain moment de la retraite, cette éventualité
survient, à moins que l'objectif soit de
léguer un héritage important à
ses proches. Mais l'effritement du capital doit
être bien planifié, de façon
à ce que le rentier puisse profiter de
revenus raisonnables toute sa vie. Dans certaines
formes d'hypothèque inversée, une
fois le solde de la dette rendu à un certain
niveau, le rentier doit commencer à rembourser
l'hypothèque ou il doit vendre sa maison
pour payer la dette.
Avant de signer une hypothèque inversée,
il est important de se poser certaines questions
Est-ce une bonne stratégie d'emprunter
pour maintenir le rythme de vie durant la retraite?
Si oui, le taux d'intérêt chargé
est-il raisonnable ? Existe-t-il une autre façon
d'emprunter moins coûteuse ? Le moment est-il
venu de commencer à effriter mon capital
?
Ces questions viennent en compléter une
autre qu'il a fallu se poser préalablement
: quel est le coût réel du lieu que
j'habite actuellement et ce coût est-il
conforme à mes objectifs à long
terme ? Le livre Un chez-moi à mon coût
fournit tous les outils pour répondre à
cette question.
Lire cet article intéressant du journal
Le Devoir :
http://www.ledevoir.com/2003/12/20/43404.html