| Par
Garry Marr de National Post
Les consommateurs continuent à renouveler
leurs prêts résidentiels aux taux
annoncés, et paient ainsi des milliers
de dollars en trop, selon un nouveau sondage du
secteur du courtage hypothécaire. L’étude,
publiée aujourd’hui même, révèle
que 84 % des consommateurs demeurent avec leur
institution financière au moment de renouveler
leurs prêts hypothécaires, choix
qui leur coûtera probablement au moins un
point de pourcentage en intérêt,
seulement parce qu’ils omettent de marchander
les taux.
Il est vrai qu’à prime abord 1% semble
dérisoire; pourtant cela pourrait correspondre
à plus de 13 000 $ en intérêt
pour un montant de 100 000 $ emprunté sur
25 ans. Voilà le message que le milieu
du courtage hypothécaire tente de passer
aux consommateurs.
Karl Straky, Président de l’Institut
canadien des courtiers et des prêteurs hypothécaires,
qui inaugurait la conférence de l’institut
aujourd’hui à Toronto, déclare
que l’idée est en train de faire
du chemin. Bien que le chiffre de 84 % cité
dans le quatrième sondage annuel de l’ICCPH
puisse sembler élevé, celui de l’année
dernière s’élevait à
90 %. « Cette chute de 6 % est de très
bonne augure pour le secteur du prêt »,
a poursuivi M. Straky. Selon lui, un nombre croissant
de personnes magasinent, notant que 11 % des consommateurs
renouvelant leur prêt hypothécaire
ont recours à un courtier, chiffre qui
ne dépassait pas 5 % en 1999.
Toujours selon M. Straky, la plupart des consommateurs
commencent leurs recherches avec les meilleures
intentions. Ainsi, le sondage commandité
par la Société canadienne d’hypothèques
et de logement révèle que si seulement
36 % des consommateurs déclarent vouloir
renouveler leur prêt selon l’offre
courante de leur institution prêteuse, 63
% le font effectivement. Il note que de plus en
plus de monde ont recours aux courtiers pour négocier
leur renouvellement. La plupart des gens ont l’intention
de magasiner, mais en réalité la
vaste majorité renouvelle selon l’offre
courante. Pourquoi? Parce qu’un grand pourcentage
des institutions financières envoient simplement
un formulaire de renouvellement au taux annoncé
ou proche de ce dernier. Le taux annoncé
courant pour un prêt hypothécaire
fermé sur cinq ans était de 6,7
% en date du 23 novembre, chez la plupart des
institutions financière. Intelligence hypothécaire,
courtier à escompte, offrait le même
jour pour le même terme 5,38 % tout au plus.
Le sondage intégral sera publié
pendant la conférence, mais quelques extraits
des résultats ont été transmis
au Financial Post. Ces résultats indiquent
que 57 % des propriétaires magasinent et
ne prennent leur décision qu’après
avoir reçu des propositions différentes
des organismes prêteurs. Il s’agit
d’une hausse certaine comparativement à
46 %, l’année dernière. Selon
Karen Kinsley, Vice-présidente, Assurance
et titrisation chez SCHL, cette hausse est particulièrement
perceptible parmi les acheteurs d’une première
maison, affichant 57 % au lieu de 39 % l’année
précédente.
La tradition consistant à prendre le chemin
de sa banque et à s’asseoir avec
son gérant de banque est par contre en
chute libre. Le sondage révélait
que 14 % des emprunteurs se sont procuré
un prêt hypothécaire au cours d’une
rencontre à la maison et un autre 14 %
avouait avoir pris ses dispositions hypothécaires
par téléphone. Si les Canadiens
n’ont pas recours aux courtiers hypothécaires,
ce n’est pas parce qu’ils ne connaissent
pas cette option, puisque 75 % des répondants
déclaraient comprendre comment ce secteur
fonctionne.
Bob Ord, Président d’Intelligence
Hypothécaire, maintient par contre que
le consommateur, en n’ayant pas recours
aux courtiers, risque de payer jusqu’à
1,25 % de trop, parce que l’écart
entre le taux annoncé et ce qui est offert
sur le marché à escompte ne cesse
de s’accroître.
« Il s’agit d’un montant drôlement
substantiel quand on y pense », a déclaré
M. Ord. « D’après moi, les
consommateurs ne sont pas vraiment au courant,
voilà pourquoi ils ne magasinent pas. »
Pour M. Ord, il est intéressant de noter
que le pourcentage des personnes renouvelant leur
prêt avec la même institution se réduit
de plus en plus. Autrement dit, ces personnes
vont voir ailleurs ce que l’on peut leur
offrir. Par contre, le fait que 63 % renouvellent
encore au taux offert indique qu’il reste
encore du chemin à parcourir.
Le sondage est fondé sur un échantillonnage
national de 854 consommateurs de prêts hypothécaires
incluant des acheteurs d’une première
maison, des acheteurs à répétition
et ceux qui renouvellent leur prêt hypothécaire.
Sa marge d’erreur est de 3,4 %, 19 fois
sur 20. |