| Globe
and Mail - Le 19 mai 2005
Par Rob Carrick, Traduction libre
La lune de miel achève pour les courtiers
en prêts hypothécaires et les gens
qui ont recours à leurs services pour emprunter
aux taux d’intérêt les plus
faibles.
Les courtiers en prêts hypothécaires
ont doublé leur part de marché au
cours des cinq dernières années,
et tout porte à croire qu’ils continueront
de négocier de plus en plus de prêts
hypothécaires et de renouvellements pour
les emprunteurs particuliers. Après tout,
un courtier peut souvent conclure un meilleur
marché pour vous que si vous négociiez
vous-même, et ce sans trop de recherches
et de déplacements.
Cependant, l’expansion du marché
du courtage hypothécaire est telle que
les clients doivent maintenant faire preuve de
vigilance. Des gens inexpérimentés
se lancent en masse dans cette profession, alors
même que ses membres tentent de devenir
davantage une source de conseils financiers de
confiance que des fournisseurs de faibles taux
hypothécaires. La rémunération
des courtiers aussi évolue d’une
façon que les clients doivent comprendre.
Les courtiers en prêts hypothécaires
sont loin d’être aussi populaires
qu’aux États-Unis, où leur
part de marché atteint environ 70 pour
100, par rapport à 30 pour 100 au Canada.
Les courtiers canadiens ont toutefois fait du
chemin ces dernières années en offrant
une solution de rechange simple et sans tracas
à l’emprunt bancaire. Tandis que
les banques avaient l’habitude d’accorder
à contrecoeur des prêts hypothécaires
à taux réduit, un courtier pouvait
en obtenir un pour vous automatiquement, et probablement
à un meilleur taux que celui qu’aurait
offert la banque.
Les banques et autres prêteurs sont beaucoup
plus concurrentiels aujourd’hui, et c’est
une autre des raisons pour lesquelles la lune
de miel tire à sa fin pour les courtiers
en prêts hypothécaires. La principale
raison demeure probablement l’afflux de
nouveaux arrivants dans le domaine. Un nouveau
rapport sur l’industrie du courtage hypothécaire
réalisé par Taddingstone Consulting
Group révèle que les courtiers eux-mêmes
sont préoccupés par les nouveaux
venus dans leur secteur d’activité.
« Malgré les taux hypothécaires
et le marché du logement incertains, la
menace que pose le déluge de courtiers
en prêts hypothécaires inexpérimentés
est perçue comme l’un des plus gros
défis que doit relever l’industrie
du courtage hypothécaire », indique
le rapport. On compte maintenant environ 10 000
courtiers en prêts hypothécaires
et agents hypothécaires (employés
de sociétés de courtage), comparativement
à quelques centaines au début des
années 90. Les courtiers doivent détenir
un permis provincial, mais cette exigence ne s’applique
pas toujours aux agents. Évidemment, l’une
des premières choses à faire lorsque
vous vous adressez à un courtier en prêts
hypothécaires est de vous renseigner sur
son expérience et ses titres de compétence.
Le groupe professionnel des courtiers en prêts
hypothécaires, l’Institut canadien
des courtiers et des prêteurs hypothécaires,
offre un titre appelé CHA ou conseiller
hypothécaire accrédité, qui
est accordé seulement aux personnes qui
ont réussi un cours d’aptitude reconnu
ou l’examen de l’ICCPH et qui ont
réussi le cours de déontologie de
l’ICCPH. Environ 3 200 courtiers détiennent
le titre CHA.
Alors qu’elle absorbe la foule de nouveaux
venus, l’industrie du courtage hypothécaire
essaie aussi d’établir avec sa clientèle
des rapports fondés sur la consultation
au lieu de se concentrer uniquement sur l’offre
de prêts hypothécaires à faible
taux. Taddingstone a interrogé plus de
500 courtiers en prêts hypothécaires
et découvert que selon 20 pour 100 d’entre
eux, le rôle d’un courtier était
d’offrir aux clients le taux hypothécaire
le plus bas, et que 25 pour 100 se donnaient pour
tâche d’aider les gens aux piètres
antécédents de crédit à
obtenir un prêt hypothécaire. Les
55 pour 100 restants définissaient leur
rôle comme un partenariat avec les clients
visant à leur fournir les produits et services
appropriés.
C’est faire preuve d’intelligence,
puisque les grandes banques, coopératives
d’épargne et de crédit et
autres institutions financières offrent
couramment des taux hypothécaires concurrentiels.
Cependant, comme dans le cas des conseillers en
placements, il y aura toujours des gens qui voudront
bâtir leur entreprise strictement en vendant
des produits pour en tirer une commission.
Les clients peuvent pousser les courtiers dans
la bonne direction en se renseignant sur les meilleurs
taux hypothécaires qu’ils proposent,
puis en leur demandant conseil quant aux meilleures
durées et aux autres caractéristiques.
Si le courtier ne peut vous renseigner que sur
les taux, adressez-vous à quelqu’un
d’autre. Sauf lorsqu’ils travaillent
avec des clients qui ont des problèmes
de crédit, les courtiers en prêts
hypothécaires fournissent leurs services
gratuitement.
Ils touchent une commission du prêteur qui
varie, selon Taddingstone, entre 0,6 et 1,5 %
du montant emprunté. Un prêteur,
la Corporation Financière Cervus, paie
des frais administratifs continus, comme ceux
que paient les sociétés de fonds
communs de placement aux conseillers en placement.
Selon le rapport Taddingstone, de nombreux courtiers
en prêts hypothécaires ont de la
difficulté à faire comprendre aux
emprunteurs qu’ils proposent une solution
crédible pour remplacer les banques. Les
courtiers en prêts hypothécaires
concluent en fait deux tiers de leurs transactions
avec des grandes banques, mais cela n’a
pas d’importance. La véritable question
consiste à savoir s’il est préférable,
sur le plan financier, de traiter avec un courtier
plutôt que de s’en tenir à
la banque. La réponse à cette question
pourrait bien être oui, mais il incombe
aux courtiers en prêts hypothécaires
de le prouver. |